2.8.09

presque tous les rituels d’initiation, si modeste qu’en soit l’objet, comportent le franchissement d’un couloir obscur, écrit Julien Gracq devant la rivière qui soudain se resserre et se calibre. de cette berge où je me suis élancée, des eaux étroites, noires, et le vague malaise des vacances d'imposture.

28.7.09



something wrong fermer la porte derrière soi c'est un parking à autos plusieurs étages ascenseurs je m'en retourne chez moi chez moi oui je répétais égrenant le manque de conviction dans la voix tourner le dos en marmonnant les derniers mots une accolade puis oublier par où partir s'en aller au hasard prendre la pente gauche descente en colimaçon à l'angle tourner vite éviter un homme a ouvert là sa portière trop grande une fillette tiens elle en sort habillée en mauve hiver c'était l'été c'est l'été pourtant qu'on se répète elle chantonne avec son frère trop fort comme sourde écho dans le parking et je descendais les escaliers je les descends en trombe et légère mais pas de carré rouge sortie en blanc qui ouvre sur balcon sur parking extérieur une grande artère qui me mènerait à mon transport, au port, j'étais perdue dans les escaliers d'un immeuble à condos sans fond. alors refaire dans sa tête tout le récit passer les pas dans le récit. alors courir refaire le même parcours pour trouver faille sortie en blanc sur carré rouge on finira bien par s'en sortir alors descendre infiniment en pensant la veille oui là cette veille regarder le soleil se coucher sur fleuve dans ton condo là aussi le matin de la veille se souvenir regarder ce même soleil se lever sur fleuve dans ton condo en acceptant l'émotion en bouillons qui soudain teinte la peau comme le sang qu'il faut après nettoyer qu'il le faut en pensant descendant retraçant pas à pas le parcours à nouveau sans sortie blanc sur carré rouge sang en pensant oui nettoyer sinon ça tache.

28.6.09



autoroute 20 ce jour-là on dit la petite 20 tout au bout avertissement de brume visibilité réduite par endroits - aurais peut-être pu comprendre voir venir quelque chose un signe je sais pas un cri un goéland ou heurter un chevreuil mais rien non rien sauf cette épaisse brume qui avançait doucement vers le pare-brise. je n'ai rien vu venir sauf la brume nous recouvrir.

vais nulle part vais sans moi au massacre des morceaux de nous lambeaux à corps et à sang dans mer gelée des rêves qui tuent; essaye de ramasser éclats de moi laissés par terre viande à chien pour passants pour amants; essaye de rassembler éclats de moi, m'a laissée la casse m'y saigne doigts m'y fends mains et ravale coeur de nous; pronoms s'effacent devant casse de nous dont pensée survie apeurée et criminelle malgré corps semi-mort de moi sans contre nous.

27.6.09

le ciel répétait depuis des jours il n'était pas complexé par son gros ventre il attendait son acte il parcourait silencieusement le couloir à la veille de l'explosion la grande fenêtre panoramique restait ouverte avec ses rideaux menaçants la ville était beaucoup trop énergique les regards trop bandés les répétitions se succédèrent durant la nuit et l'explosion au matin réveilla enfin le jour pour l'engourdir les draps furent inondés les phrases me parurent plus sombres la lumière inopérante le mot orage avait soudain une résonance fantastique.

26.6.09

dans ce réseau de songes, quelqu'un a décidé du mien. le tenant de la main, osseuse et amante. l'image est dans ma tête, alors que tombent les chevilles et que siffle le train au départ de la principale Sud. tu peux voir le songe le mien au plus dense du mile end sans me tenir la main, sentir flirter le mensonge la canicule sur Saint-Laurent la tentation d'exister sans vaincre quoi que ce soit sans mûrir sans honneur de ceux que sans les connaître tu aperçois calmes et filants un souffle en main.

il n'en fut pas toujours ainsi de toute rage crier. et les vagues silences de l'aube avant la fuite. et un trou soudain mon grand trou qui s'affole, présente une lisière moirée de désirs. elle se détache du discours et marche dans le rêve, sa chute pleine de chants brisés récupérant la courbe flagrante de la fille acrylique au petit talon doux. tant bien que mal au tissu au vent de mon regard penchant, où se mélangent des voies d'ailes au manège les wagons de nos solitudes. dans la fluidité des corps ensemble. comme quoi je reste dans la marge des mots de papier gras, ratée d'illusions tout le temps sans savoir comment les violenter. puis ce sera le silence du plateau quand très haut l'écartèlement des étoiles ne rendra plus que le spectacle flambant noir des absents.

17.6.09



on peut perdre la voix comme on perd ses clés.
un seul mot me rendre au monde vrai.

14.6.09



notre route là. toute notre route à perdre. car se confondent nos corps dans les veines coulées de l'écran perforé.




voulais y pétrir mon âme pour effacer jusqu'au dernier trait de ma face. il a suffit de quelques pas de quelques mains en terre. elle avait incrusté son rêve dans mes ongles et taillé sa place entre mes côtes.



ce n'est rien ici. un élan dans lequel je désapprends à me battre et la brume vibrante de perte. perdue sur cette terre absurde: une cage de fer roule vers la profondeur des ravalements. mon retour est aveugle des débordements innocents que pour une seule fleur je vais dans la mémoire vive de nos mains fondues. une petite morte s'est couchée en travers de la route.

2.6.09

les image fascinent les regards. reliées elles subjuguent le réel. les couloirs forment les ensembles, ils sont le rêve qui pallie le fossé des âmes. nous inventons des astres nostalgiques. une image est ce que en quoi l'autrefois rencontre le maintenant, en une fulguration, pour former une constellation, écrivait Walter Benjamin.

31.5.09



une façade arrière: observatoire en cellules. par devant: le parc Lafontaine. j'ignorais plein de vies secrètes. j'errais - c'était avril - en ignorant le secret organisé des vies. j'ignorais comment mettre en tension tout cela. en dessous: je fixai l'image car la mémoire oublie jusqu'à sa propre apparence.

il y avait des fragments de mélancolie sur l'oreiller, la peur de comprendre comment on pourrait y parvenir sans soi, des petits cris de peine et d'orgasme - il y avait lecture du journal corps sur la pente d'amour, l'après-midi.

30.5.09


au bout des routes des fois le mur plat reflet de l'instant, pensée crise sur la norme, immobilité en signe de parole regard dans la vitre, des lignes de fuite traversent des corps klaxons flottants, autoportrait dans l'indifférence urbaine.

29.5.09



des cris, un terrain asphalte entre un immeuble affaire et un boulevard, quel jour de fête sommes-nous au juste, un monstre rouge et jaune au milieu de l'espace quartier bureaux: les couloirs ici sont gonflés d'air, ils ne vont nulle part, leur seule fonction est d'amuser, des couloirs de rêve?

attente sous la bruine: des pelles mécaniques cernent les bouches de métro, des colonnes pour paysage, paraître rose plus vivante dans le cadre, un songe fragile marque le front, des colonnes soutien de? quel horizon cela déploie? construction sans fin d'une jonction, lieu vers, jamais départ ni arrivée, station chantier de l'attente.

26.5.09



sur le gris débile des rues un chuchotement de roues dans la petite Italie ferait luire la saison jusqu'à 8 le soir quand j'y passe j'y accueille des vues banales éclats de quotidien je suis échangeur dans la permutation en chute libre fameuse parmi les miens.

notre désir d'appréhender la source du monde en son visage brouillé récit sans âge du réel qui l'exode par écrit qui n'en peut plus des condos à abattre se replie dans les marges citées car fuite les mots vont là où le réel s'est déjà oublié.

en marchant l'autre jour oublié mon nom pris le tien en échange et soudain pris ma main pour bâtir la maison s'en souvenir des rives violées des années sans promesse tu écris et je noue les cordes de notre nacelle la brunante arrive sauter dedans voler et ses années derrières soi comme des veines ouvertes.

aguichants sont les passages de toutes les sortes émotions que c'est triste que vos pensées les transforment en une cascade de failles irrésolues à vous suivre le nous qui s'enfonce droit et impur dans un avenir missiles la cour à scrap au détritus de nos rivières à la commissure des ramassis les utopies respirent faiblement: c'est une rancoeur du non advenu un mauvais jour du mois de mai.

25.5.09





mais il suffit peut-être ô terre de gratter légèrement ta surface les corridors du ciel descendraient par terre sur les herbes de nos parcs embellis où je marchais seule où je remplissais des cercueils malgré la nouvelle robe alentour en juste pensant à la liste d'épicerie en juste me rappelant le texte noir lu la veille - il suffirait donc au présent de juste gratter léger sa matière apparente pour que de couloir en couloir on s'y reconnaisse un peu mieux



on aurait dit Pékin. nous roulâmes sur le chemin friable pendant des heures fortes. les visages dévergondes dans un film de tôle et de brume. des silences pour répliques et la permanence du mouvement avant, loin du besoin des choses. oui pour mémoire on aurait dit, quand les prunelles retournées, le mirage astronomique de la ville étrangère. mais déjà sur le chemin la disparition des arrêtes. on aurait vraiment dit Pékin. nous roulâmes sur le boulevard immuable de nos rêves.

simulation d'un abîme: devant la creuse du regard où il voit venir la fin il se fixe. en aval, il se mouille le pied; il s’agrippe nécessairement en amont, dans un tapis de cils. on fronce le sourcil. elle le fait lâcher prise: perdre le pied quand, de toute façon, il plongeait déjà fièrement sans son aide.

du paradoxe de la simultanéité: les ailleurs surgissent infiniment explosent.

ton visage résonne encore une rieuse orgasmique une menthe poivrée dont le pétale m’acropole comme la carambole illustrée dans ta vive allure de carencée où gisait amoureuse moi pleine de ton visage odorant.

des palais de cette rive tiédissent au vent les embruns énamourés du soleil qui s'étend l'embuscade. loin derrière ton corps opaque éminemment j’entends cette frêle image une tristesse profuse au bout de tes cheveux comme gris. improbables écumes mer entremets sur laquelle tu te glisses en petits talons doux. prodigieusement,

j’observe ce silence à bras-le-corps l’ombre d’un entrechat se profile sur la glaise amarante de ton cou.

24.5.09

Raphaële n'a pas plus élégante qu'elle saisie comme la vierge incendiée déjà lue quelque part au courant d'une remontée garçonne à frange verte et la rade sur laquelle tracent les embarcations un passage de fortune vers l'amour en nous deux qu'adviendra-t-il des frissons sous la charpente des bâtiments raides Raphaële?

du pont l'âge de fer j'hésite m'arrache au sous-sol réverbère qui tinte dans la nuit noire on va où ensemble j'ai la peur dans le pas qui te tremble au calme répété comme un oiseau taciturne alors que notre couple se baigne bleue sous la lune.

quand tu pars je reste dans le halo de ta silhouette le sillage qui flamboie des restes morceaux des anneaux dans la main du pic au nord puisque fière n'as pas su des parcelles sous la rampe dans le bois très loin bat toujours ma joue contre le coeur du merle.